Je vendrai ce confort ……

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Mr Roux, sympathique groupe de jeunes gens qui égratignent à belles dents notre merveilleuse société occidentale, a écrit cette chanson intitulée « les voyages » dont le sous titre est Vazaha’s blues, suite à ses voyages à Madagascar, où il  décrit à la perfection les pièges dans lesquels on peut tomber dans ce pays, surtout et notamment si on est un jeune Vazaha (touriste) célibataire .

Mais les deux derniers couplets….. ah qu’il y a des jours où je  comprends, et où j’adhère !

…/… dans le fond de mon lit,
Mon dieu, comme je m’ennuie
Je vendrai ce confort
Ces choses qui ne servent à rien
Pour revenir au port
Et repartir demain
Retrouver un instant
La douceur des alizés
Le goût enivrant
De la liberté

J’ai fait bien des voyages
Aux allures de naufrage
Traversé bien des mers
La tête à l’envers
Dégueulé mes boyaux
Sur le bord d’un cargo
On fait moins le fier
Quand on a le mal de mer

Moi qui me voyais
Voyageur élégant
A la Ernest Hemingway
J’avais du vomi plein les dents
Mais le style aventurier
Désolé, je l’avais pas
Je puais des pieds
Et j’avais les cheveux gras

Sur une plage tropicale
Belle comme une carte postale
A l’ombre d’un cocotier
Voir le soleil se coucher
Paysage idyllique
Si on oublie les moustiques
Les mukafus affamés
Et les déchets échoués

Dans des hôtels miteux
Je me suis fait des amis
Des cafards affectueux
Des punaises, des souris
Couvert de boutons
Je comptais les araignées
Que j’avais au plafond
Bien accrochées

J’ai même vendu mon âme
Pour les bras d’une femme
Un peu trop joyeuse
Pour être vraiment sérieuse
Une fille de mauvaise vie
Oui, mais de bonne compagnie
Qui m’a vidé de ma monnaie
Pendant que je dormais

Avec mon cœur d’artichaut
A la place du cerveau
Je suis tombé, ça craint
Amoureux d’une putain
Je suis un mac au grand cœur
Un séducteur de pays chaud
Mais est-ce bien la chaleur
Qui me rend soudain si beau ?

Et quand j’en aurai marre
De changer tous les soirs
De femme et de lit
Je reviendrai au pays
Pour me retrouver,
Me ressourcer, rassasié
Mais dans le fond de mon lit,
Mon dieu, comme je m’ennuie

Je vendrai ce confort
Ces choses qui ne servent à rien
Pour revenir au port
Et repartir demain
Retrouver un instant
La douceur des alizés
Le goût enivrant
De la liberté


 

Respect

En fouinant dans mes archives, à la recherche d’une photo pour les scènes de rue de Rosa, qui nous demande de publier, si possible, une photo évocatrice de Noël, j’ai trouvé une image, prise à Antananarivo en décembre 2012. J’en dirai plus au sujet de cette photo mercredi, mais….

Il m’est revenu en mémoire, en ces jours tragiques d’intolérance et de fanatisme prenant la religion pour prétexte, il m’est revenu en mémoire, donc, la parfaite entente entre les différentes sectes et religions, qui règne sur cette grande île.

Chrétienté et islam se côtoient en totale harmonie et, hors la période du Ramadan, il est difficile de savoir qui, à part les indiens qui affichent la barbe et un portrait de leur « pape » dans leur boutique, qui, donc, se réclame de telle ou telle foi.

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La société malgache, dans le coin où j’ai vécu, est essentiellement matriarcale, et les femmes, musulmanes ou pas,  tiennent leurs petits commerces de légumes ou d’épicerie d’une main de fer. Un jour, où nous patientions devant l’étal de légumes, sous la halle du bazary Be (le grand marché), est arrivé un barbu, disparaissant dans son ample djellaba, le crâne coiffé d’un torchon blanc, de toute évidence intégriste et tenant les femmes en parfait mépris, son harem, bâché de noir des pieds à la tête attendant dehors, en plein soleil. L’accès de la halle où toute l’extrémité nord est occupée par la boucherie, non halal et où les bouchers sont des hommes, leur était de toute évidence interdit par leur seigneur et maître. Celui-ci arrêtait son choix sur tel ou tel légume, le désignait, s’adressant à la marchande sur un ton très sec, et toujours sans la regarder. Celle-ci, imperturbable et souveraine, regardait au loin, ou discutait avec la marchande de l’étal voisin, ignorant superbement son client potentiel. Ce dernier parlait de plus en plus fort, de plus en plus sec, jusqu’au moment ou la marchande, toujours sans le regarder, mais tournée dans sa direction, glapit quelques mots, provoquant le départ furieux du barbu, et les grands rires de toutes les femmes de la halle.

Traduction demandée, tout sourire, elle nous expliqua lui avoir répliqué que « ici, on respecte les femmes, et on les regarde quand on s’adresse à elles. Et donc, tant qu’il parlera aux légumes, je ne me sentirai pas concernée. S’il veut acheter quoi que ce soit, qu’il me le dise, à moi, ou qu’il envoie une de ses pauvres femmes. » Bruyamment approuvée par ses collègues.

Il m’est revenu en mémoire aussi, l’explication de l’employée de l’opticien…. L’opticien, musulman, ainsi que toute sa famille, quitte sa boutique pour chaque prière rituelle lors du ramadan, laissant sa rondelette employée accueillir les clients. Je m’étonne, en la voyant vêtue de la tenue des musulmanes, pantalon, grande tunique, foulard, tout ceci dans de magnifiques tissus soyeux, chatoyants, dignes d’une princesse indienne, alors que j’ai l’habitude de la voir moulée dans des robes bain de soleil, ou des débardeurs mettant en évidence toutes ses rondeurs:
« Tu ne vas pas prier à la mosquée ?
– Non, je suis chrétienne.
– Mais alors, pourquoi cette tenue ?
– Par respect pour mon mari, qui est musulman. Toute l’année, il respecte ma religion, me laisse aller à la messe, me laisse prier. Il est donc normal que, pour le ramadan, je fasse l’effort d’adopter la tenue des femmes musulmanes. « 

J’ai aimé le mot « respect », dans ce cadre religieux, mot qui devrait être enfoncé à coups de marteau dans le cadre de ces fadas d’intégristes et autres fous dangereux, qui, eux, ne méritent pas le respect…..

Deuil !

La liberté d’expression et la liberté de la presse ont subi hier une attaque aussi sauvage qu’inadmissible.

On a le droit de ne pas aimer Charlie et ses « une » provocatrices, mais est-ce une raison pour massacrer sauvagement les collaborateurs du journal ?

Au nom de quel Dieu peut-on s’arroger le droit de vie ou de mort ? Lire la suite

T : Olé

Florence m’a coupé l’herbe sous le pied, alors j’ai exhumé un autre coup de gueule, sur un sujet toujours d’actualité …

Mon exécration des courses de taureaux s’est étendue petit à petit jusqu’à ceux qui les fréquentent. L’idée que des hommes peuvent prendre de l’amusement, les uns à tâcher de rendre féroces des animaux qui ne l’étaient pas, les autres à voir agoniser des chevaux éventrés, recousus puis éventrés une deuxième fois, me fait envelopper les seconds du même dégoût que m’inspirent les premiers.

[ Georges Courteline ] Lire la suite