Grüü grüü

Un trop rare soleil ayant daigné se montrer hier, mais trop paresseuse pour aller faire ma marche quotidienne dans la campagne,  j’ai chaussé mes baskets pour aller faire un tour et jouer les touristes dans ma bastide, ce que je n’avais plus fait depuis une éternité. (Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse et frère de Saint Louis,  décida de fonder en 1270 une bastide en ce lieu. Elle devenait ainsi au XIIIe siècle un verrou entre les territoires français et anglais. Une bastide (de l’occitan bastida) est le nom désignant trois à cinq cents villes neuves, fondées majoritairement dans le sud-ouest de la France entre 1222 et 1373, réparties sur 14 départements (15 avec le Puy-de-Dôme et Montferrand). Entre la croisade des Albigeois et la guerre de Cent Ans, ces fondations répondent à un certain nombre de caractéristiques communes d’ordre politique, économique et architectural, correspondant à un essor urbain exceptionnel en Europe à cette époque.)

Quand j’ai entendu ces cris si caractéristiques « Grüü grüü », qui m’ont fait lever les yeux au ciel, me faisant regretter en même temps de n’avoir que mon téléphone pour faire des photos. Mais j’ai eu de la chance, elles volaient bas, tournant en rond, cherchant le courant d’air chaud qui les aiderait à poursuivre leur vol vers le nord : les grues commencent à passer ! Leur migration hivernale a été courte, j’ai vu le dernier vol vers le sud fin novembre.

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A la bonne épice

Depuis des lustres, je ne conçois plus de cuisiner sans épices.

Mais dans ma campagne, dès que j’ai besoin de renouveler mon bocal de piment doux, de gingembre moulu, de curcuma ça tourne à la course au trésor.

Et il me revient en mémoire « A La Bonne Epice ». C’était mon magasin préféré, à Tuléar.
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hebergement d'imageL’indienne qui tient cette boutique, voix grave et rocailleuse, maquillée comme une reine égyptienne, aux mains recouvertes de rosaces au henné, t’accueille en venant te faire 3 bises  » Bonjour ma belle, comment allez-vous, et de quoi avez vous besoin? »
Tu énumères le contenu de ta liste, et d’un geste large, elle te montre les tréfonds de sa boutique :
« servez-vous, ma chérie »
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Et là, tu plonges avec délices dans les corbeilles en plastique, étiquetées « lorier » « lorigan »  » feuilles de lestragon », massalé, anis, paprika doux et fort, carry, curry, curcuma, safran, anis étoilé, cardamome, citronnelle, vanille, graines de sésame, poivres ……. il y a de tout, et tu te noies dans les odeurs et les couleurs.
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Tu finis par faire ton choix, et à la caisse, tu vois des sambos tout juste faits « prenez-en un, ma chérie, cadeau »
Tu payes tes épices (je ne vous convertirai même pas les prix en euros, vous ne me croiriez pas), tu sors, et tu mords avec délices dans ton beignet, parfumé, pimenté, et tu reconnais l’oignon vert, le z………….. et puis non, je ne vous dis pas tout sur le sambos, il vous faudra attendre le prochain billet

La vie, sur cette île, a une saveur à nulle autre pareille.

Coïncidences

Coïncidences n’ayant aucun rapport entre elles, sauf à être rares :

Comme la venue au monde de Jésus-Christ, la fête du Mouloud, plus communément appelée « Al-mawlid » célèbre la naissance du prophète Mohamed. Cette année, et pour la première fois depuis 457 ans, les deux fêtes religieuses ont cohabité le jour de Noël.

La lune était pleine durant la nuit de Noël. Une coïncidence très rare puisque la dernière occurrence remonte à 38 ans et que le phénomène ne se reproduira pas avant 2034.

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Presqu’hiver

Pour Clo, qui nous a quittés bien trop tôt, et qui avait aimé ce billet. Elle m’avait demandé de lui envoyer toutes les photos, ce que j’avais fait… Alors, c’est en pensant à toi, l’Ottomane, , dont je guette encore les commentaires, dont j’ai gardé les adresses dans mes contacts, que j’ai recherché cet article, pour le republier.
L’automne évoque toujours des couleurs flamboyantes, mais on oublie certains matins enrubannés d’une ouate translucide, qui laisse courir un petit frisson le long de l’échine, emperlant les toiles d’araignées …………
On évolue dans un silence feutré, troublé seulement par le petit plic plic des feuilles qui dégouttent………..

Le lac, d’habitude si souriant, prend des allures fantomatiques :les toiles d’araignées se gonflent doucement sous un imperceptible courant d’air


les sapins semblent se préparer à se parer  pour Noël

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Même l’eau frissonne ..
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Scènes de Rue 25

Pour les Scènes de rue du mercredi, chez Rosa.

A Madagascar, on voit très très peu de décorations de Noël dans les rues ou dans les magasins, que l’on soit en province ou dans la capitale.

Foin de ces décorations tapageuses qui laissent à penser que Noël est devenu prétexte à un concours de lumières. J’avais lu, il y a quelque temps une phrase qui m’avait réjouie :  » on change d’heure fin octobre pour faire des économies d’énergie, et un mois après nos villes font des illuminations qu’on peut voir depuis l’espace …. »

Bien, ce n’est pas le propos du jour.

Peu de décorations pour Noël, donc. Mais les européens vivant à Madagascar sont très attachés à leurs traditions, les commerçants et les vendeurs de rue l’ont vite compris. Et c’est ainsi, qu’à Antananarivo, début décembre, début aussi de la saison des pluies,  on peut voir déambuler dans les rues des sapins de Noël, bien artificiels, bien verts ou tout blancs, totalement décalés, sous cette lumière aveuglante et par cette chaleur moite, 35°, et  cette atmosphère humide qui devient de plus en plus étouffante au fur et à mesure que la journée s’avance  …
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Scènes de rue – 23

Pour les Scènes de rue du jeudi, chez Olgayou

Sous le nom d’Hôtel des Mines, il fut un temps le plus bel hôtel de Diégo. On le doit à Alphonse Mortages, personnage haut en couleurs qui débarqua à Diégo en 1897.
Aventurier sympathique et généreux, il découvrit les mines d’or d’Andavakoera, devint fabuleusement riche, se ruina plusieurs fois et nous laissa ce splendide bâtiment.
Dans « L’Ile Rouge », le romancier Jean d’Esme évoquait, en 1928 en des termes qui font rêver, l’hôtel et son constructeur : « Gardant sans doute un souvenir tenace de sa première profession et revenant à ses vieilles amours, l’heureux mineur fit construire, en ce Diégo-Suarez aride et inhospitalier aux touristes, un hôtel, mais un hôtel confortable, vaste, coquet avec son patio intérieur, ses arcades nombreuses, ses chambres larges et aérées, sa longue salle à manger et son billard envahis de fraîcheur, et sa terrasse ouverte sur la grande féerie de la baie. Comme de juste, il l’appela l’Hôtel des Mines. Lire la suite

Scènes de rue – 22

Pour les Scènes de rue du  jeudi chez Olgayou.

Le zébu, animal roi de l’île. Il tire les charrettes, aide aux labours, est sacrifié lors des obsèques. Nous avons dans le Sud la meilleure viande de zébu de toute l’île : les zébus paissent dans l’herbe maigre, mais salée des quelques petites prairies de bord de mer de la région de Tuléar, et la viande a ce petit goût salé que l’on connait en France avec les agneaux de pré salé. Lire la suite