Je déteste Noël

Maintenant, maintenant que mes enfants sont grands, qu’ils ont eux-mêmes des enfants et que ce sont eux qui prennent en charge le cérémonial, maintenant je peux dire que je déteste Noël ….

Bien sûr, tant que les enfants étaient petits, nous avons décoré le sapin, maculé les vitres de dessins au pochoir, mis des guirlandes partout, entassé des paquets sous le sapin, puis, lorsque les enfants ont grandi,  organisé parfois des chasses au trésor,.

Nous avons joué le jeu, et nous le jouons encore, même si je déteste Noël.

Je déteste Noël, parce qu’il n’y a plus l’anticipation du voyage pour venir passer quelques jours avec toi.

Je déteste Noël parce que je ne vois plus les yeux écarquillés et émerveillés des enfants, lorsque, en entrant chez toi, on voyait cet immense sapin qui frôlait le plafond, qui brillait de 1000 feux.

Je déteste Noël parce que nous ne partons plus, dans « la nuit noire, et glacée » (pour paraphraser un chanteur en vogue dans mon adolescence), lorsque nous grimpions cette ruelle noire et abrupte, pour t’accompagner  à la messe de minuit , en tremblant de froid dans cette cathédrale qui imite si bien Montmartre.

Je déteste Noël, parce que je ne te vois plus t’endormir dans ton fauteuil,  après notre retour de la messe, en attendant que nous  préparions  le tourin, et toute cette cochonnaille sans laquelle Noël ne serait pas Noêl, dans notre Périgord.

Je déteste Noël, parce que, le 25, nous n’avons plus à manger cette horrible dinde desséchée, bourrée de marrons qui nous étouffaient, que tu commandais spécialement chez un traiteur.

Je déteste Noël parce que je n’entends plus tes éclats de rire et ceux de mon grand-père lorsque vous constatiez que ma mère et ma grand-mère vous ont acheté exactement le même cadeau.

Je déteste Noël, parce que mes enfants, et maintenant leurs enfants, ne peuvent plus escalader tes genoux pour regarder la télé avec toi.

Je déteste Noël parce que nous n’avons plus à subir Tino Rossi et son petit papa noël sirupeux.

Je déteste Noël, parce que la messe, la dinde, Tino Rossi, tout cela me manque, maintenant. Parce que Noël n’est plus Noêl pour moi, sans tout ça.

Je déteste Noël depuis que tu n’es plus là.

Je déteste Noël depuis que tu es parti, que tu nous as quittés.

Je déteste Noël, depuis que mon père nous a quittés juste avant Noël, il y a 30 ans.

A-t-on idée de mourir avant Noël ?

 

Migrants, réfugiés…..

Pour mémoire, il n’y a pas si longtemps : (clic sur la photo pour voir l’article)

migrants-refugies-europeens-photos-colorisees-guerre-mondiale-immigration-09-696x474

Je n’en peux plus
Je n’en peux plus de lire, d’entendre ces phrases assassines :
-« va pas falloir chercher bien loin quand il y aura des viols » ou « des attaques » ou « des cambriolages ».
– Ils viennent manger notre pain
– Ils viennent mendier les allocations.

Alors remettons les pendules à l’heure :
-ce n’est pas parce que ces pauvres gens ne sont pas français que ce sont tous des malfaiteurs doublés de brutes perverses et/ou sanguinaires. Bien sûr, il y a sûrement des brebis galeuses parmi eux. Comme il y en a parmi les bons français de France. Morandini, par exemple….

– les allocations, minima 6,80€, maximum 11€. Par jour. Oui, par jour. Calculez, bonnes âmes; ben oui, maximum 300 balles par mois. C’est sûr, ça fait un trou dans le budget. Et puis avec 300 balles, ils vont pouvoir faire la fête, les gars ! Et les bonnes gens s’affolent, s’indignent. Mais que Valls prenne l’avion gouvernemental en juin pour aller voir un match de foot à Berlin, que le déplacement coûte au minimum 14000€, là, Personne ne dit rien? Ah oui, c’est Monsieur le Premier Ministre, avec des majuscules partout. Foutaises ! Tiens, parlant de Valls, justement…. Qu’on me rappelle de quelle origine est sa famille? Et l’autre roquet, là, pardon, Sarkozy, sa famille, elle est d’où ? Hein?

Et tant qu’on en est au rappel….
Combien de mes compatriotes peuvent-ils présenter un arbre généalogique dont toutes les branches, tous les rameaux, et toutes les ramifications ont des racines sur le territoire ? Combien d’entre  nous peuvent-ils réciter « nos ancêtres les gaulois » en étant certains de l’origine de leurs aïeux, bisaïeux, trisaïeux etc etc….. ?

Moi, par exemple, née en France.
De mère Française née en France, dont les parents sont nés en France aussi, de même que les grands-parents. Mais pour ceux qui les ont précédés, ben….. Espagne !
Et de père Français. Par naturalisation. Sa famille : son père, sa mère Croate, ses frères et lui ont fui l’Italie et les chemises noires. Et mes grands-parents maternels, oublieux des ancêtres espagnols, avaient formellement interdit à ma mère de « fréquenter ces bons à rien d’italiens ». Et donc, ma petite cousine (dont le papa, lui, avait fui Franco) servit longtemps de  messagère entre mes parents ….

Et je ne suis pas la seule, puisque on estime en 2002 qu’environ un tiers des Français ont « une ascendance étrangère » si l’on remonte aux arrière-grands-parents.  Affublés, au cours des années de charmants noms d’oiseaux, nous trouvons : les polaks, ces polonais qui sont venus mourir de silicose dans les mines de charbon, les yougo, les portos, les Niakwé (ah oui, les vietnamiens, vous les avez oubliés ? Dans notre beau lot-et-garonne, il y a encore un village indochinois, http://www.ladepeche.fr/article/2015/02/23/2054116-petit-vietnam-vie-camp-vie-quartier.html. Si aujourd’hui leurs enfants et petits-enfants ont quitté le camp, eux furent longtemps parqués dans ce village et accusés de tous les méfaits de la création.) Les macaroni, bien sûr (récemment encore, une ex-amie avec qui je parlais d’untel à qui j’étais vaguement apparentée, m’a répondu  » ah oui, vous les macaronis, vous avez de la famille partout ». La même qui ne supporte pas les juifs (geste mimant un gros nez). Si je me qualifie volontiers de Ritale,( j’en ai le caractère, l’amour des pâtes, du bel canto, È proprio un piacere parlare italiano,) je n’ai pas supporté l’intonation de mépris contenue dans ce terme. Et d’amie, cette personne devint rapidement une ex-amie, à l’issue d’une remise en place dans des termes assez vifs. D’autant que les macaroni au fromage, c’est succulent, non?

Et une macaronade? un plat que nous ont fait découvrir d’anciens voisins, rapatriés – ah oui, en plus des réfugiés, des migrants, il y avait aussi les rapatriés d’Algérie. Eux aussi, ils ont eu leur lot de réflexions- une de mes cousines, de 5 ou 6 ans plus âgée que moi, de la branche espagnole, rencontra et tomba amoureuse d’un charmant jeune homme. Mes oncle et tante s’opposèrent farouchement à cette fréquentation « tu te rends compte ? Un pied-noir !!! » Pour résoudre le problème, la cousine se trouva enceinte et épousa son pied-noir. (Et moi, j’ai attendu avec impatience l’été, pour savoir si mon cousin Georges mettrait des nu-pieds ce qui me donnerait l’occasion de voir enfin son infirmité : le pied noir. Espoir déçu…ils émigrèrent 25 km plus au nord et je ne les revis qu’une dizaine d’années plus tard. Et entre-temps j’avais appris ce qu’était un pied-noir).
Et donc, je ne comprends pas, je n’admets pas, je n’accepte pas ce refus d’aider, accueillir ces pauvres gens, qui ont tout perdu dans des conflits qui perdurent et qu’ils n’ont pas souhaités.

Je continue ? Non ? Bon, je laisse mûrir, alors, je reviendrai ptêt un jour, quand la soupape explosera encore …..

En attendant, régalez vous :

MACARONADE, recette pour 6 personnes .-Préparation : 20 min, cuisson 1 h 30.
INGRÉDIENTS :

750 g de viande de boeuf (macreuse, viande à braiser) * 350 g de macaronis *2 tomates *2 branches de persil, *3 gousses d’ail *du safran (moi, j’utilise du curcuma, « le safran du pauvre »), *1 feuille de laurier *3 cuillères à soupe d’huile d’olive *fromage rapé, sel, poivre
PRÉPARATION
Découpez la viande en gros dès et faire dorer à l’huile dans une cocotte,
Baissez le feu, ajoutez 1 verre 1/2 d’eau et laissez mijoter une heure.
Quand la cuisson est achevée, ajoutez l’ail, les tomates pelées et coupées en petits morceaux, le persil pilé, le safran, la feuille de laurier.
Salez et poivrez et faire mijoter 10 minutes.
Recouvrez alors d’eau et portez à ébullition et y jeter les pâtes.
Diminuez le feu et laissez cuire 20 minutes.Retirez lorsque les pâtes ont absorbé tout le le bouillon et servir accompagnées de fromage râpé

J : ni Jambon, ni Jus, ni Jujube

Les aliments en J ne foisonnent pas, à part les 3 qui font mon titre, alors

Pour les recettes de cuisine de Melle Domi (clic)

je ne vous livrerai pas de recette, mais je vous invite à partager un des plus beaux moments de notre ancienne vie trépidante d’expatriés :

Sur le marché, tu découvres, tu questionnes, tu demandes tes recettes, on te propose des fruits inconnus, en te précisant  » fridzac, bon, ça, très sucré ».
Tu regardes le fruit en question : la taille  d’un ballon de rugby, totalement informe, couvert de pustules, vert brunâtre. La marchande insiste « très sucré ».jacues
Tu as l’esprit aventureux, tu achètes, un, pour goûter. Tu finis ton marché, tu rentres chez toi (vroum vroum la 4L sur la route défoncée, complètement inondée après la dernière tempête, – tu as d’ailleurs pataugé dans l’eau jusqu’aux chevilles pour entrer dans la halle, cernée par la flotte – les nappes phréatiques ont débordé, la voiture a de l’eau presque jusqu’au sommet des roues, ton chauffeur ne se démonte pas, il slalome avec maestria entre les flaques, les paquets de gadoue, les zébus, les poules et leurs poussins)
Tu déballes tes achats, tu ne tiens plus d’impatience, tu sors ton fruit monstrueux, empoignes ton grand couteau, l’enfonces dans le fruit et……………… tu tires comme une malade pour le ressortir, (tu en pètes le manche, au passage) englué de filaments blancs, compromis entre le chewing-gum, le fromage dans les pâtes quand il file, et la colle extra forte.
Tu rejettes le tout avec une grande exclamation – beurk!!!
L’Homme arrive, tu expliques, montres d’un geste large ton couteau englué, les filaments qui coulent – et collent – sur le plan de travail, et tu conclus « on a acheté un oeuf d’Alien!!! »
Bien sûr, Mr Croc, connaissant ta tendance à l’exagération, et d’esprit encore plus aventureux que toi, n’en croit pas un mot prend une cuillère, examine la bête (l’intérieur ressemble à une grosse courgette)jack frut

« voyons, ça se mange comment? », plante sa cuillère dedans, extrait un petit bout de colle, le goûte (nous avons par cette occasion pu vérifier que ses dents sont saines et tiennent solidement dans ses gencives), et, sans un mot pose la cuillère dans l’évier, le fruit à côté.
Nous envoyons Petit Garçon remettre l’objet au gardien, qui s’est pourléché les babines à sa vue, et gardons en mémoire l’utilité future de ce fruit : couper en deux avec une tronçonneuse, frotter sur les murs et immédiatement après, appliquer le papier peint.
Il m’aura fallu ½ flacon de produit vaisselle, 1 savon entier et deux éponges pour que la cuillère et les restes du couteau reprennent leur aspect primitif!

Nous apprendrons bien plus tard que le « Fridzac » (prononciation locale de fruit de Jacques, le J  se prononçant, selon les cas,  Tss ou Z) est en réalité le Jacques, fruit du Jacquier (clic), que celui que j’ai acheté était encore vert et devait donc être cuit pour être comestible, que mûr il prend une coloration tirant vers le jaune, et qu’il est effectivement très sucré m’a confirmé l’homme, aventureux, ayant renouvelé l’expérience de goûter, mais un morceau choisi par notre cuisinier. Moi, rancunière et bornée, j’ai toujours refusé d’approcher à nouveau ce monstre…..

Les malgaches le mangent en fruit, les Réunionnais le cuisinent, en boucané ou en carry, recette ICI (clic)

Le Gâteau

Pour les recettes de cuisine de Melle Domi (clic)

Pour célébrer 10 ans de présence sur la blogosphère, nous allons bien évidemment préparer un gâteau.

Ingrédients :
En 2006, un grand voyage sur une île lointaine
Des tonnes de photos
Un total dépaysement
L’envie de partager cette belle aventure avec les potes de deux forums
Une première plateforme, toute nouvelle à l’époque, overblog

Préparation
Découvrir  la blogosphère
Avoir des  premiers contacts via le blog
Des amitiés virtuelles qui se créent
Partager des photos, des écrits

Dégustation
Rencontrer, « en vrai »  certains de ces blogopotes
Trouver magnifique de se rencontrer et de parler comme si l’on s’était toujours connus
Refuser les diktats de la plateforme
Et émigrer sur Eklablog
Perdre, du coup, certains contacts qui ne pardonnent pas cette « trahison »
Puis partir vivre sur cette île lointaine
Et envie toujours, de partager cette nouvelle vie
Eklablog trop lourd pour la connexion si faible, là-bas
Déménager sur APLN
Publier des photos de tout ce qui vous émerveille
Ecrire pour essayer de faire partager l’amour de ce pays
Revenir en France
Penser n’avoir plus rien à dire
Fermer ses blogs

Indigestion ?
Poussée par petit frère, créer un blog indépendant, autohébergé
Petit frère vous lâche, perfidement
Continuer, tant bien que mal, à publier photos et textes.
Perdre l’envie, l’inspiration
Penser que le plaisir devient une contrainte

Alors, décider de prendre du recul
S’absenter quelque temps
Le temps de respirer, s’aérer
Et peut-être revenir plus tard.

Sûrement …..

Feuilletés roulés au fromage

Pour les recettes de cuisine de Melle Domi (clic)

Pour une quinzaine de petits roulés, il vous faudra :

Une plaque de pâte feuilletée
De la crème fraîche
Du gruyère râpé
Un petit bleu, style bleu de Bresse
Un mélange de 5 poivres, moulus (blanc, vert, rose, noir, gris)
Un robot mixer
Un chat (facultatif)

Tout d’abord, oubliez le bleu dans le fond du tiroir à fromage, et découvrez le un beau soir, tapi sous un sachet de gruyère râpé. Ouvrez le papier qui l’entoure, reniflez le avec suspicion ; bon, ça va, malgré la couleur jaune de la croûte, il est tendre à souhait.

Posez-le sur un coin du plan de travail,

Traversez la cuisine pour aller récupérer le bol du robot que vous avez lavé et oublié de remettre en place, après avoir préparé un sorbet. Trébuchez sur le chat.

Retraversez pour replacer le fameux bol sur son socle, en pestant contre l’agencement fantaisiste de votre cuisine. (En toute mauvaise foi, oubliez que c’est VOUS qui avez décidé de l’agencement.)

Marchez sur la queue du chat.

Qui hurle. Vous hurlez plus fort que lui, qu’il vient juste de se bâfrer un sachet de Fristruc en gelée et des croquettes et qu’il n’a pas à traîner dans vos jambes.

Chassez hors de la cuisine l’Homme qui est venu voir qui est en train de massacrer qui.

Placez dans le bol trois bonnes cuillères à soupe de crème fraîche, la même quantité de râpé, le bleu coupé en petit morceaux mais …….

Découvrez que le bleu a disparu. Accusez le chat. Qui vous regarde d’un air outragé, en venant se rouler en boule sur vos pieds.

Démarrez en trombe direction le salon. Rattrapez-vous de justesse au montant de la porte, vous avez raté votre démarrage à cause de ce fichu matou affalé sur vos pieds.

Débarquez dans le salon, et foudroyez du regard l’Homme qui a profité de son incursion dans la cuisine pour vous piquer le bleu.

D’un geste ample et furieux, récupérez votre fromage, évitant de justesse l’Opinel que l’Homme s’apprêtait à planter dans l’objet du délit.

Faites demi-tour en vitupérant. Trébuchez sur le chat. Dans votre tentative de vous cramponner à la porte, lâchez le fromage. Ratez la porte, et continuez dans une glissade acrobatique pour atterrir sur la table de la cuisine  qui, heureusement, résiste à votre poids.

Hurlez contre le chat et promettez-lui qu’il va finir en col de manteau l’hiver prochain.

Essayez de récupérer votre fromage, aidée dans votre tâche par le chat qui fait des va et vient en vous caressant le nez avec le bout de sa queue en ronronnant comme un moteur de tracteur.

Récupérez enfin votre bleu chéri, en essayant de ne pas vous faire pipi dessus, terrassée que vous êtes par le fou-rire.

L’Homme vient prudemment s’enquérir de l’origine des hoquets qui s’échappent de la cuisine. Cramponnée à votre fromage, hurlez farouchement « dehors! »

Rassemblez les lambeaux de votre dignité pour enfin éplucher et découper votre bleu de Bresse, envoyez le rejoindre crème fraîche et râpé dans le mixer. Saupoudrez de poivre.

Mixez, jusqu’à obtention d’un mélange crémeux et mousseux.

Déroulez votre plaque de pâte feuilletée sur une planche à découper.

Étalez soigneusement votre mélange sur la pâte feuilletée. Roulez le tout très serré pour former un rouleau (c’est logique). Résistez à l’envie de shooter dans le chat qui se frotte avec insistance contre vos jambes en miaulant comme un perdu.

Avec un grand couteau, découpez ledit rouleau en tranches d’environ 1cm d’épaisseur, et déposez-les à plat sur la plaque à pâtisserie, recouverte au préalable d’une feuille de papier sulfurisé. (ce que vous avez oublié de faire, vous lâchez un « Merde » retentissant. L’Homme s’enquiert de la raison de ce hurlement, mais, prudent, s’abstient de venir voir)

Mettez au four à 180° environ ¼ d’heure. Pensez à mettre le four à préchauffer avant d’entamer vos préparatifs.

Pendant la cuisson, ABSTENEZ VOUS ABSOLUMENT d’aller visiter les écrits de vos blogopotes (ou alors programmez le temps de cuisson, chose que je suis aussi incapable de faire que je ne l’étais de programmer le magnétoscope pour enregistrer le ciné-club du dimanche soir). Sinon, démarrez à nouveau comme une flèche.

Evitez in extrémis le chat qui trône, assis au beau milieu du couloir.

Ouvrez le four, l’angoisse au cœur. Ouf, c’est OK.

Après vous être brûlée le bout des doigts pourtant enveloppés d’un torchon, partez à la recherche de votre manique que votre petit fils de deux ans a abandonnée – « mais où, bon sang, ce petit chameau a-t-il laissé ce truc ? » – SUR VOTRE LIT !!

Dûment gantée, revenez sortir votre préparation du four. Marchez sur le chat, qui vous escorte jusqu’au four en miaulant de plus belle. (Le degré de décibels que ce monstre velu de 6 kilos est capable d’atteindre est proprement ahurissant.)

Pour vous faire pardonner, faites la chose à ne pas faire : donnez lui le fond du pot de crème fraiche à nettoyer, ce qu’il fait avec enthousiasme, ce qui vous permet de ranger le champ de bataille sans accident en vous déplaçant – enfin – sans obstacle sous vos pas.

Disposez vos petits feuilletés agréablement gonflés sur une assiette, préparez un saladier de sucrine, posez vous enfin, et dégustez.

Appel à l’aide (les peurs)

Notre monde est fou. LE monde est fou. La preuve, après Paris, la sauvagerie a frappé Bruxelles. Et où  après? Londres? Berlin? Rome?

On vit dans l’angoisse, la peur, l’attente. L’attente de quoi ? D’une bonne nouvelle, enfin? De la fin de la folie, du terrorisme, de la destruction de notre planète, de la barbarie, du pouvoir pratiquement totalitaire des destructeurs de notre environnement et de notre individualité ?? Oui, je mets dans le même panier djihadistes, Monsanto et autres gouvernements. Pas un pour racheter l’autre. Ceux-là utilisent des bombes, ceux-ci empoisonnent nos aliments, et les derniers bah… les derniers …….. manient si bien les ficelles du népotisme (encore que le terme soit assez impropre, mais bon) ……

Et les média, les réseaux sociaux en rajoutent, se gargarisent de catastrophes, de récits d’atrocités, usent et abusent du conditionnel, mais le mal est fait, on a peur. On tremble pour ses proches, pour ses voisins, pour ses amis, pour ceux qui souffrent, victimes de la barbarie, où qu’elle soit, quelle qu’elle soit, sous prétexte de religion ou de politique.

Ca date de 2004, cette chanson ….. enfin, ça date…. elle a été écrite en 2004, parce qu’elle ne date pas du tout, malheureusement ….

pneumopathie ou tueur en série
armes chimiques ou mondialisme
peur des sectes et du terrorisme
ou retour de l’antisémitisme
peur du cancer, peurs nucléaires
peur de l’anthrax dans ton thorax
peurs aux frontières ou dans les avions

pour de vrai, pour de faux,
ils attisent la parano,
du coup le mot cutter fait trop peur
et même tarif pour le mot canif

peur de la came et des dealers mafieux
montée de l’islam dans les banlieues
peurs des rapperus des rappeurs, des rats
peur des rats et caetéra
peurs dans les caves
et devant le collège, peur des cailleras
qu’on pas peur des keufs

peur des cauchemars, peur de la nuit
peur de l’inconnu, peur de l’insomnie
peur des serpents et toutes les phobies
et tics et tocs qui vous pourrissent la vie
peur de tomber par terre
en faisant une pirouette
peur fonctionnaire
pour leurs retraites

pour de vrai, pour de faux,
ils attisent la parano,
du coup le mot cutter fait trop peur
et même tarif pour le mot canif

chaque jour on craint la météo
canicule, incendies
le permafrost fond même au pôle nord
chaque année, fait de plus en plus chaud

la gorge sèche, les jambes qui tremblent
eh, t’as les fouettes dans tes baskets

tu t’sens minus, t’as la pétoche
t’aurais besoin qu’on te sécurise
mais, l’problème devant ta téloche
c’est qu’t’entends parle que d’la crise
paranoïa irrépressible
on joue à se faire des frissons
chacun croit être la cible
d’un tueur fou sur son balcon

pour de vrai, pour de faux,
ils attisent la parano,
du coup le mot cutter fait trop peur
et même tarif pour le mot canif

on s’fait scanner dans les musées
on s’fait palper dans les aéropeurs
on balise a cause d’un valise
figés sur place, on tétanise

peur de grossir,
peur de se nourrir
excès d’orgueil ou timidité
on a peur de se faire déstabiliser

peur au présent, peur pour l’avenir
peur de quitter les siens, peur de partir
peur d’être seul, et puis vieillir…
peur de mourir.

Echappée d’Escargots

Pour les recettes de cuisine de Melle Domi (clic)

Ceci est  une non-recette de cuisine, le sous-titre pourrait être « comment parvenir à ne pas cuisiner des escargots »

Votre beau-frère, venant de sa Normandie natale passer quelques jours dans votre belle Dordogne, émet l’idée de manger des escargots dans les prochains jours.

Vous, serviable, approuvez et proposez d’en faire provision lors de votre prochain passage au supermarché. Beau-frère, horrifié, désapprouve vigoureusement l’idée d’engraisser ces profiteurs, alors que vous avez un immense jardin et que la saison est plutôt humide. « Je vais les ramasser avec les enfants, ajoute-t-il, ça les occupera. Je les cuisinerai, c’est facile, il faut les enfermer dans le noir, les laisser s’assécher tout doucement, puis quand ils ne bavent plus, j’entame la préparation. Pour commencer, il me faut :
– Un seau
– Un grand, très grand pot de fleurs
– De quoi couvrir le pot
– Une grosse pierre pour maintenir le couvercle
– Un râteau et une pelle
Ce dernier énoncé vous inquiète un peu, et vous vous enquérez prudemment de l’utilisation de ces outils.
– Ben, au cas où il y aurait des serpents ou autres bestioles, et pour ne pas mettre les mains dans les crottes de tes volailles qui divaguent en liberté sur le terrain, tiens !
– Mes volailles, errant en liberté sur le terrain, chassent par la même occasion les serpents, sauf Sidonie.
– C’est qui, Sidonie ?
– La grande couleuvre que nous avons sauvée de la noyade dans le puits, et qui vit quelque part par là, vers la mare, au fond … (geste vague en direction des 5000m² verdoyants émaillés de cosmos ici et là..)
– Une couleuvre ? Grande comment ? (regard horrifié dans la direction vaguement indiquée précédemment)
– Ah ben elle doit faire dans les 2 mètres. C’est une couleuvre à collier, et, cher beau-frère, ces couleuvres sont inoffensives, et celle-ci, de plus, se rend utile en nous épargnant l’incrustation de rats dans le poulailler, et la venue d’indésirables vipères.
– (braillement) DES RATS, DES VIPÈRES ?
– (Là, vous perdez patience, et braillez à votre tour) YA NI VIPÈRES NI RATS, PUISQU’IL Y A UNE COULEUVRE !!!
– T’ES SURE ?
Soupir, yeux au ciel, vous tournez les talons et allez désherber vos tomates, et vous commencez à pressentir que vous allez entrer dans une période héroïque.
Le lendemain matin, beau-frère, accompagné de Fils N°2 et de Fille N°2, respectivement âgés de 8 et 4 ans, armes à la main, arpentent le terrain, fils poussant le râteau devant lui, et aplatissant par la même occasion la belle herbe bien grasse dont se régalent poules et canards, beau-frère écartant précautionneusement du plat de la pelle les touffes d’herbe, prêt, ce salaud, à aplatir vigoureusement votre couleuvre, fifille trainant derrière elle le seau aussi haut qu’elle. Vous, appuyée sur votre binette, vous marrez tout doucement.
Cette chasse dura plusieurs jours, et de gros escargots s’entassèrent tout doucement dans le pot de fleurs, jusqu’au jour où beau-frère commença à s’inquiéter du fait que les escargots fussent toujours aussi gras, aussi baveux, laissant de très belles traînées irisées sur les parois du seau, sur le couvercle, sur les coquilles de leurs congénères.
Vous, sournoise et pas du tout pressée de manger ces trucs qui font pourtant le délice de vos poules, taisez prudemment le fait que vos enfants, à l’âme tendre et au cœur sensible, vont tous les soirs en catimini, arracher des feuilles aux laitues du potager de leur cher papa, pour les donner en pâture aux gastéropodes, sous votre regard attendri. Toujours sournoisement, vous susurrez que ce ne sont peut-être pas des escargots comestibles, et qu’il vaudrait mieux s’épargner tous ces efforts pour aller en acheter de tout cuisinés.
– Je les prendrai chez le traiteur, si tu ne veux pas que j’achète chez Edouard.
– Pas du tout ! (le Normand est têtu!) Je vais les asperger de gros sel.
Il s’engouffre dans votre cuisine, fait main basse sur votre bocal de sel. Vous hurlez qu’il n’est pas question que votre sel marin que vous achetez à prix d’or dans la boutique bio en ville soit gaspillé pour arroser des cagouilles ! (Nous sommes en 1990, le sel marin ne se trouve pas encore en vente libre chez Edouard et consorts)
Vous proposez donc aimablement d’acheter, dès le lendemain, à l’occasion d’une virée en ville, du gros sel bien ordinaire, pour faire baver et buller ces maudites bestioles, encore que vous trouviez l’idée barbare. « On dit dégorger, béotienne » vous assène aimablement beau-frère qui commence à vous taper sérieusement sur les nerfs. Vous ne relevez pas l’insulte, emmenez les enfants au potager sous prétexte d’arrosage des légumes, mais en réalité pour la récréation vespérale qui consiste à braquer le tuyau d’eau glacée sortant directement du puits, sur les enfants dans le plus simple appareil qui poussent des hurlements ravis. Et vous commencez à ruminer des idées de meurtre, de basse vengeance, tout pour ne pas avoir sur la conscience la mort de ces bestioles, et ne pas voir le regard affligé de vos deux nains.
Le lendemain, toute fraiche et souriante, paniers et clés de voiture à la main, vous annoncez à la cantonade
– j’y vais, je récapitule, le pain, les croquettes pour les poilus, le maïs pour la volaille, et le sel pour beau-frère. Rien d’autre ?
– pas la peine, vous répond ce dernier, abattu. Ce matin, j’ai trouvé le pot renversé, et tous les escargots disparus.
– NON ! Sans blague ! Ah ben ça alors! C’est encore le chien qui a coursé les chats et qui a dû renverser le pot au passage. Bon, tu veux que je ramène des escargots tout préparés, remplis d’une immonde purée verdâtre, qu’il suffira de faire réchauffer au four ?
– Non, on ne sait pas avec quoi ils sont faits, ces escargots là !
– Tant pis, c’est bien dommage.
Mais vous ne parvenez pas à avoir l’air aussi affligée que vous le devriez, les nains se marrent, leur père fuit lâchement dans son potager, et beau-frère vous soupçonnera toujours d’avoir largement aidé le chien à renverser ledit pot de fleurs. Il est vrai que, pour faire bonne mesure, vous auriez dû faire choir le pot, le fêlant, voire le cassant par la même occasion, au lieu de le coucher soigneusement sur le côté, après avoir ôté le couvercle.

Café des îles

Pour les recettes de cuisine de Melle Domi (clic)

Je ne sais pas ce qui s’est passé dans mon emploi du temps pourtant peu surchargé, toujours est-il que je n’ai pas eu l’opportunité de concocter une recette maison.

Alors, j’ai plongé dans mes archives, pour vous proposer ceci :
Dans un grand verre épais, genre verre à grog, verser
– sucre de canne
– puis du rhum chaud
– puis un expresso
Le tout, en versant précautionneusement en tenant le verre incliné pour éviter le mélange des ingrédients et obtenir un effet de couches de couleurs superposées.

Les gourmands pourront ajouter un nuage de chantilly saupoudrée de cacao noir ou de cannelle, ou mieux, le fin du fin, une boule de glace au rhum ou au coco…………..

Cette variante exotique de l’Irish coffee  peut devenir un French coffee en remplaçant le rhum par de l’armagnac ou du cognac chaud……….
Le plus difficile, dans ces préparations, étant celle de l’expresso :

hebergement d'image